Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio avec le prince héritier du Koweit, Sabah Khaled Al-Hamad Al-Sabah après leur rencontre à Koweit, le 24 juin 2026 ( POOL / Eric Lee )
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a affirmé mercredi que Washington serait "complètement alignée" avec ses alliés du Golfe dans ses discussions avec l'Iran, alors que les Etats-Unis s'efforcent d'arracher un règlement durable de la guerre au Moyen-Orient.
En pleine tournée destinée à rassurer les alliés de Washington dans le Golfe, M. Rubio a déclaré depuis le Koweït que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.
Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran.
Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.
Avant son étape pour le Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Marco Rubio lors de son arrivée à Abou Dhabi, le 23 juin 2026. ( POOL / Eric Lee )
En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.
Trump refuse tout péage
L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.
Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé M. Rubio.
Mais de nombreux points de divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.
La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.
Mohammad Bagher Ghalibaf en Suisse, prés de Lucerne le 21 juin 2026 lors de premières discussions après la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis. ( POOL / URS FLUEELER )
Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.
"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part M. Rubio.
Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue et ont terminé la séance en dessous de 74 dollars, revenant presque à leur niveau d'avant la guerre. Le conflit les a fait grimper à plus de 126 dollars, provoquant une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.
Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.
Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.
"Comme le phénix"
Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, M. Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.
Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.
Un homme dans les décombres de Nabatiyé dans le sud du Liban, ville bombardée par Israël ces dernières semaines, le 23 juin 2026. ( AFP / Fadel ITANI )
"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons", a affirmé le groupe pro-iranien.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars. Depuis, les opérations et bombardements israéliens ont fait plus de 4.100 morts, selon les autorités libanaises.
A Tyr (sud du Liban), des habitants ont déblayé des décombres à la faveur d'une accalmie.
"Nous secouons la poussière et nous nous relevons comme le phénix", a dit à l'AFP Hussein Hassan, depuis son salon de coiffure à la vitrine soufflée.

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer